Coup de coeur FILM : Helding (En première ligne) de Petra Volpe (2025)

Heldin, En première ligne, est un film suisse de Petra B. Volpe qui nous mène d’un pas pressé de patient en patient, à travers des couloirs stériles et froids. Les plaintes se succèdent et les familles ne sont jamais vrai- ment satisfaites. À son arrivée dans le service, Floria, une infirmière, apprend que le personnel est particulièrement réduit cette nuit-là. Au fil des heures, les problèmes se multiplient.

On est alors témoin du stress et des abus subis par les soignantes qui s’efforcent d’éviter les erreurs médicales et surtout de rester humaines. L’ambiance est très tendue, notamment lorsqu’un patient sonne pour faire venir une infirmière : l’alarme se déclenche, une lumière rouge s’allume, contrastant avec la palette bleuâtre dominante. La bande-son accentue encore la sensation d’urgence permanente, des sonorités rappellent que le temps passe trop vite pour reprendre son souffle.

Ce film a été projeté dans le cadre du cours fac cinéma, mais d’autres classes ont eu la chance d’y assister. À la suite de la séance, une conférence a été animée par Vanessa Monney, une syndicaliste et Coralie Grand, une infirmière travaillant dans le secteur du care. Celle-ci s’inscrivait dans le cadre de la Journée internationale des luttes pour les droits des femmes du 8 mars. Elles ont présenté des statistiques sur ces métiers très difficiles, évoqué des anecdotes personnelles et partagé leurs expériences.

Aujourd’hui, plus de 80% des postes dans le care sont occupés par des femmes, qui sont moins bien rémunérées que dans des professions moins qualifiées et plus souvent exposées à des violences de la part des patients et du personnel médical. Une partie finit par abandonner le métier après quelques années, en raison de la pénibilité du travail mais aussi du manque de reconnaissance.

Lorsque l’on pense à des métiers pénibles, on imagine souvent des professions intenses physiquement et majoritairement masculines, comme celle de maçon. Les métiers éprouvants qui sont exercés en majorité par des femmes, sont moins reconnus. Cette invisibilisation contribue à dévaloriser le travail des femmes. Le film illustre concrètement cet effort constant : les soignantes enchaînent les allers-retours, manipulent des chariots, soulèvent des patientes, etc.

Il faut aussi savoir que la Suisse, comme le reste du monde, fait face à un grave manque de personnel soignant. L’Organisation mondiale de la Santé parle de crise majeure et prévoit une pénurie mondiale de plus de 4 millions de travailleurs d’ici 2030.

Camilla Genini

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