L’hypocrisie et les dangers envers les femmes des attaques sur l’Iran

Quand il s’agit d’une actualité politique, prendre parti ou “choisir un camp” s’avère difficile. D’un côté se trouve un régime totalitaire, oppresseur et dangereusement misogyne, et de l’autre, une puissance complice d’un génocide et de bombardements de civils.

Ali Khamenei était, jusqu’au 28 février dernier, le Guide suprême de la République islamique de l’Iran, c’est-à-dire qu’il était l’homme le plus puissant du pays. Sa politique était profondément conservatrice. Il était antisémite, niait l’holocauste et comparait l’égalité des sexes à un complot sioniste, etc. On reproche aussi, à juste titre, à son régime d’être particulièrement oppresseur envers les femmes : le mariage avec des filles mineures est autorisé, les femmes n’ont aucune autonomie (judiciaire) et beaucoup de violences envers les femmes ne sont pas punies par la loi, etc. C’est pourquoi certaines femmes iraniennes célèbrent la mort de Khamenei. Malgré cela, les frappes américaines n’ont pas bénéficié à la population.

Affirmer que ces attaques défendent les droits humains du peuple iranien relève de l’hypocrisie. Les intentions initialement déclarées du président américain étaient d’empêcher la possession d’une arme nucléaire par l’Iran, un objectif poursuivi en bombardant une école primaire pour filles à Minab. Il avait pourtant condamné le massacre des civils qui protestaient contre le régime récemment. Il fait donc ce qu’il reproche à ses ennemis.

Cela ne s’arrête pas là, puisque les guerres désavantagent souvent les femmes. Tout d’abord, elles sont plus exposées aux violences sexuelles dans ce contexte. En outre, les guerres tendent à détruire les infrastructures de santé, déplacer massivement la population, entraîner un appauvrissement général, entre autres, ce qui frappe davantage les femmes.

Il faut aussi questionner la légitimité des États-Unis à se poser en défenseurs des femmes. Leur propre pays est loin d’une utopie égalitaire, ni même d’un endroit sécuritaire pour les femmes. Le droit de l’avortement n’est pas garanti partout, les inégalités salariales persistent, les femmes restent sous-représentées aux postes de pouvoir et les budgets dédiés aux luttes de genre sont réduits, etc. Les femmes racisées, queer, trans, migrantes ou handicapées subissent davantage de discriminations. Donald Trump s’oppose ainsi directement aux droits d’une large part de la population tout en prétendant défendre des valeurs démocratiques.

Tout cela montre clairement que les droits des femmes ne sont pas la vraie motivation de ces attaques— ils en sont l’habillage moral, au service d’objectifs géopolitiques, économiques ou stratégiques. Aussi condamnable que soit le régime iranien, il ne justifie pas les récentes attaques et rien ne pourrait légitimer de tels dommages infligés à la population. Certains Iraniens se réjouissent de la mort du Guide suprême, mais ce n’est pas pour autant que les Américains ont fait le “bien”. Aucun gouvernement n’est innocent dans une telle situation. Il n’y a pas de “bon” côté, seulement des civils, des femmes, des enfants, des personnes âgées, qui souffrent et meurent pour les intérêts d’une élite.

Camilla Genini

Interview avec Emma Gregersen

Un nouveau projet s’apprête à voir le jour au gymnase : le CLAC, un conteneur destiné à des expositions et des moments de convivialité. Pour en parler, nous avons rencontré Emma Gregersen, présidente du comité des élèves et membre fondatrice du collectif CLAC, lié au groupe durabilité.

Peux-tu te présenter ?
Bonjour, je m’appelle Emma Gregersen, j’ai 19 ans, je suis élève au gymnase de Nyon, et j’ai une petite fonction particulière : je suis présidente du comité des élèves et membres de plusieurs collectifs avec des professeurs et élèves, comme le CLAC.

Arriverais-tu à décrire le CLAC en trois mots ?
Oui, même si cela nécessite une plus grande explication, je dirais que c’est varié, engagé et vivant.

Quelle était l’idée de départ, de quoi est né ce projet ?
Deux professeures référentes pour la durabilité, Mme Farahi et Mme Friesen, m’ont parlé de créer un lieu pour des expositions et séances de discussion, et l’idée du conteneur s’est rapidement imposée.

Pourquoi est-ce que vous avez choisi un conteneur justement comme lieu d’exposition ?
Le conteneur est un symbole de la mondialisation, qui aura voyagé on ne sait où, qui aura transporté on ne sait quoi.
Il représente l’universalité, le fait qu’il est ouvert à tout le monde et qu’il a tout vu. Celui-ci est de seconde main pour préciser. Le conteneur est aussi assez régressif, il n’est pas très moderne ou rénové. On régresse pour aller vers le progrès.

Quelles ont été les étapes qui ont mené au CLAC ?
Il y a eu beaucoup d’étapes, dont certaines étaient plus ou moins désagréables, surtout les questions administratives, comme trouver des financements, les accords de construction… Les autorisations ont pris du temps mais la ville était ouverte au projet. D’autres étapes étaient plus créatives, comme concevoir tous les détails autour du projet : où le mettre, quoi y mettre, comment le rénover. Il y a eu beaucoup de séances de discussion, parfois fortes en couleur et parfois très fluides.

Pourquoi avez-vous choisi de le rendre public à la ville de Nyon ?
C’est effectivement ouvert aux habitants et à toutes les écoles de la région puisqu’il y a un objectif éducatif. L’éducation va au-delà des élèves, on a voulu rendre ce projet et sa dimension pédagogique accessibles et que ce soit une invitation pour tous. Limiter juste aux élèves, c’est comme fermer à d’autres. C’est donc gratuit et ouvert.

Quelle est l’importance d’avoir un espace culturel comme celui-ci pour les étudiants ?
Encore une fois, l’éducation ne se limite pas aux cours et au modèle de l’enseignant qui parle et les élèves qui écoutent, mais on veut aussi montrer qu’elle peut passer par l’art, par exemple. Cette manière plus ludique, immersive et moins formelle invitera à se poser des questions avec une autre “racine” que l’éducation classique. De plus,il me semble qu’on est dans une période où il est particulièrement important de sensibiliser aux problèmes actuels.

Autre point intéressant : puisque tout sera choisi par et discuté avec les élèves, ce sera plus visé et précis.

Est-ce qu’on peut vous demander un spoiler du premier projet qui inaugurera le CLAC ?
L’inauguration prendra place vers avril, après la semaine spéciale où il y aura la rénovation. Il a fallu réfléchir à des sujets actuels qu’on pourrait mobiliser, on n’est pas certains sur quoi portera l’inauguration elle-même, c’est possible que ce soit sur le conteneur, puisqu’il y a beaucoup de choses à en dire, justifier à la fois le sens du conteneur et le sens du projet en général. Sinon ça pourrait prendre la forme d’une inauguration visée sur une thématique plus spécifique comme le numérique, l’addiction aux écrans, dont une grande partie des personnes sont victimes. C’est aussi un thème pour lequel le gymnase s’est récemment engagé, le but étant de créer une continuité avec les autres projets du gymnase afin de sensibiliser les jeunes, les profs et les habitants de la ville de Nyon.

Camilla Genini

Cinéclub – programme printemps 2026

L’équipe du ciné-club est heureuse de vous présenter son programme de printemps et espère qu’il suscitera votre intérêt.

Vous êtes toutes et tous les bienvenu.e.s à ces projections qui auront lieu à l’auditoire de 12h00 à 13h40 le 27 janvier et le 28 avril et au Capitole le 10 mars. On se réjouit de vous y retrouver et de partager ces moments avec vous !

Grève de la fonction publique dans le canton de Vaud

Prévoyant un déficit de 331 millions de francs pour l’année 2026, le Conseil d’État vaudois a décidé de faire des économies sur les services publics et parapublics. Plus de 23 millions risquent d’être prélevés sur les salaires des fonctionnaires, ce qui leur enlèverait 0,7% de leur revenu brut (avant le paiement des impôts). Bien que le département des finances ait affirmé qu’il s’agissait d’une mesure provisoire, son annonce a suscité un tollé général de la part des principaux intéressés. La grève du mardi 18 novembre a rencontré une forte adhésion : tous les services publics y ont participé, des enseignants (environ un tiers d’entre eux rien que pour l’école obligatoire) aux gendarmes, en passant par le personnel soignant et les travailleurs sociaux. Les mamans de jour ont adressé une lettre ouverte au Grand Conseil.

Un nombre important d’établissements scolaires ont donné congé à leurs élèves en prévision de l’absence des enseignants. À Lausanne, les syndicats ont estimé le nombre de manifestants à 20 000, tandis que la police a donné le chiffre de 16 000. Le mouvement se poursuit et de nouveaux jours de grève sont prévus cette semaine. Les pancartes et les représentants des grévistes insistent sur un point essentiel : il ne s’agit pas uniquement de l’intérêt des employés de l’État, mais également de la qualité de services publics essentiels pour la population, comme les soins ou l’éducation. Pour l’instant, le Conseil d’État n’a pas fait de déclaration officielle au sujet de ce mouvement de protestation, avec lequel il a refusé de négocier. De manière générale, il invoque l’obligation de réduire le déficit découlant de la loi cantonale – ce que l’on appelle le mécanisme du « frein à l’endettement ». Selon cette règle, les dépenses publiques ne peuvent pas dépasser les recettes publiques au-delà d’un certain seuil.

A droite, les députés affirment aussi que dans les faits, la plupart des salaires ne baisseront pas, mais augmenteront moins que prévu. Cependant, les députés socialistes, verts, POP et Ensemble à gauche apportent leur soutien aux grévistes. Si le Canton veut combler son déficit, il devrait selon eux imposer davantage les plus riches contribuables, mesure moins dommageable pour ceux qui la subissent directement et pour la société en général. Afin d’appuyer son propos, l’aile gauche du Grand Conseil rappelle que la mauvaise application du bouclier fiscal entre 2009 et 2021 a privé les caisses publiques de plusieurs dizaines de millions de francs. Ils rappellent aussi que le Canton n’a pas de problème d’endettement, au contraire.

Aliénor Müller

Interviews au sujet de la grève

Pour parler de la grève, nos rédactrices ont questionné certains de leurs enseignants, pour mieux comprendre le contexte et leur point de vue. Un professeur nous explique ainsi que le but de la grève est de protester contre les coupes budgétaires annoncées par l’État de Vaud, leur employeur. Selon lui, il s’agira au long terme d’un mauvais calcul économique : une société se porte mieux si elle est suffisamment éduquée. Or si les coupes continuent, la qualité de l’éducation baissera. L’enseignant nous dit aussi qu’il peut faire la grève grâce à son métier, pour d’autres fonctionnaires qui ne peuvent pas se permettre d’y participer pour diverses raisons. Il donne en exemple le personnel d’hôpital, qui est obligé d’assurer un service minimum. D’autres ne le font pas pour des raisons financières (ndlr : les heures grevées étant déduites du salaire) ou par peur de mécontenter leur employeur. Nous avons aussi discuté avec d’autres enseignants, notamment ceux qui ne participent pas à la grève, pour connaître leurs raisons. Certains disent soutenir la cause, c’est-à-dire qu’ils sont contre les coupes budgétaires, mais n’approuvent pas d’autres revendications mises en avant par les syndicats opposés au projet de réduction d’impôts. Encore un grand merci aux enseignants qui ont accepté nos interviews, les conversations étaient intéressantes et ont permis d’éclairer les évènements actuels.

Kaléa Saint-Denis
 

Cinéclub – programme

L’équipe du ciné-club est heureuse de vous présenter le programme semestriel de ce début d’année scolaire, en espérant qu’il suscitera votre intérêt.

Cette année, le Japon est à l’honneur avec deux projections, l’une de Satoshi Kon au semestre d’automne et l’autre de Takeshi Kitano au semestre de printemps. Nous aurons également le privilège d’accueillir Claude Muret le 4 novembre à la suite de la projection Connu de nos services.

Vous êtes toutes et tous les bienvenu.e.s à ces projections qui auront lieu à l’auditoire de 12h00 à 13h40. On se réjouit de vous y retrouver et de partager ces moments avec vous.

FREEPERIE

Que vous vouliez faire de la place dans votre armoire, renouveler votre garde-robe ou jeter un oeil curieux, vous êtes toutes et tous les bienvenus à la FREEPERIE du Gymnase, organisée par le groupe Durabilité, qui aura lieu dans à l’entrée de l’Atrium le 22 mai de 9h à 14h. Tout est gratuit.

Nouveautés avril 2025

Bonjour tout le monde !

Depuis le début du mois d’avril, vous trouverez deux nouveautés sur le blog :

Gabrielle vous prépare chaque semaine une analyse sortie de son de chapeau sur une chanson coup de coeur… ça se trouve dans La Chanson de la Semaine dans l’onglet Culture et ça sort tous les mardis à 8h ! Soyez à l’heure. Bonne découverte et bonne écoute 🙂

Dans l’onglet Vie Etudiante, vous trouverez le programme du PassCulture de la fin de l’année scolaire 2025. Il sera mis à jour au fur et à mesure. Un large choix vous permettant d’élargir vos horizons et de profiter de la vie culturelle en dehors des murs du Gymnase.

A bientôt !

L’équipe de la Gazette

Mieux apprendre avec Leksik

Bonjour à toutes et à tous !  

J’ai récemment été contactée par un certain Denis. Dans son mail il m’a parlé d’un projet qu’il a monté avec un de ses amis, Nathan. En effet, tous deux ont une ambition : ils pensent que l’apprentissage devrait être gratuit et accessible à tout le monde, et c’est comme ça qu’est né Leksik. Reprenant un peu le concept de Quizlet, ce site est gratuit et destiné aux élèves pour qu’ils puissent apprendre leur vocabulaire. Plusieurs modes d’apprentissage sont disponibles (et d’autres sont à venir !) : le classique, où on apprend un mot et sa définition en le réécrivant encore et encore jusqu’à ce qu’il rentre, le mode 1v1 que je vous laisse découvrir, ou encore le système de flashcard que vous connaissez sûrement. Avec une simple photo, il est possible de retranscrire son vocabulaire, puis une intelligence artificielle est à disposition pour vous aider à apprendre (moyens mnémotechniques, création de liens entre les mots, échanges amicaux). Bref, ultra pratique.  

La juste cause que Denis et Nathan ont développée m’a beaucoup plu, et j’ai moi-même eu l’occasion de tester Leksik. Un design sobre, une utilisation simple : le site rempli parfaitement ce pour quoi il a été conçu. On s’inscrit avec son adresse mail afin de conserver toutes ses listes de vocabulaire. Evidemment, des fonctionnalités supplémentaires viendront perfectionner le site au fil du temps, ce qui nous promet une belle évolution des moyens d’apprentissage. Vous pouvez dès à présent vous connecter sur le site à l’adresse suivante http://www.leksik.ch ou en scannant le code QR ci-après :

Je compte sur vous pour le tester, le partager et pourquoi pas l’intégrer dans vos méthodes de travail ! Il a été créé pour vous, alors autant en profiter.  

Bonne semaine à chacun et chacune,  

Gabrielle